publié par Frederic, le mercredi 1er avril 2009
Dans le dernier numéro de Vu d’ici, nous nous interrogions sur la notion de démocratie et donnions la parole aux habitants pour évoquer leurs préoccupations quotidiennes autour des questions de liberté et d’accès aux droits. Nous étions frappés par leur sentiment d’abandon face aux difficultés de la vie et leur désir de transformation sociale. Quelques mois plus tard, nous avons le sentiment d’être encore plus profondément confrontés au désarroi des milieux populaires laminés par la crise et par les politiques du gouvernement. La diminution des budgets sociaux dans le logement et la santé, la suppression des postes dans l’Education nationale détériorent la vie des familles des milieux modestes qui ont de moins en moins de moyens pour se soigner et se loger et voient l’avenir de leurs enfants menacé par une école publique au rabais (voir p. 2). Les plans de licenciements, le non-renouvellement des contrats précaires touchent durement la population. Les chiffres du chômage ont explosé avec ce taux sans précédent de 90000 chômeurs supplémentaires pour le mois de janvier 2009. Et le démantèlement de l’assurance chômage va venir renforcer la précarité de ceux qui ont perdu leur emploi. Nous avons le sentiment d’assister à une généralisation de la précarité et à une casse continue du service public. L’état des prisons françaises (voir p. 12 et 13), qui de plus en plus servent de traitement à la pauvreté et à la révolte (fabrication de l’ennemi intérieur, Tarnac p. 14), est à ce titre particulièrement inquiétant. Sous de fausses évidences, on nous masque de vrais problèmes, notamment ceux, systémiques, de la discrimination (voir la polémique sur les sifflets du stade de France, p. 4 et 5). Le gouvernement trouve néanmoins de l’argent pour venir en aide aux banques et aux grandes entreprises… les premiers responsables de la crise ! Le président de la République a réuni un sommet social et annoncé des mesures d’aide pour 2,6 milliards d’euros tandis qu’il consentait 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux privilégiés. Concurrence, compétitivité, privatisation et rentabilisation, on nous sert toujours le même refrain alors que ce système va droit dans le mur. En posant un regard sur les rumeurs du monde, nous voulons nous arrêter pour réfléchir ensemble. Enfin, nous avons spécialement voulu nous arrêter sur Gaza (p. 3 et p. 16) en refusant de nous laisser influencer par les médias qui ont cherché à présenter les victimes comme des agresseurs et les agresseurs comme des victimes.
Vu d’ici