publié par Vu d’ici, le octobre 2006
Vu d’ici est né de ce que les médias ont appelé « les émeutes » d’octobre- novembre 2005 et que nous avons choisi de nommer « les révoltes ». Des révoltes portées essentiellement par les jeu- nes des quartiers populaires dont la violence spectaculaire a tétanisé l’ensemble des responsa- bles politiques qui savent pourtant combien ces populations sont en permanence confrontées à une vio- lence, un mépris et des discrimina- tions insupportables et répétées. Vu d’ici doit sa naissance à cette his- toire-là, une histoire vécue et parta- gée, et à laquelle nous consacrons un dossier de quatre pages.
C’est parce que nous ressentons que notre parole est confisquée, niée, jeunes ou adul- tes, Français de première ou dixième génération, habitants de quartiers populaires régulièrement présentés comme des zones de non-droit, que nous avons voulu nous la réapproprier. Parler à la première personne et en notre nom. Il y eut également autour de ces événements-clé nombre de rencontres, débats et des films dont « Nightmare à Blankok » et « Ceci est notre quartier à 93° » emblématiques de notre démarche et de nos réflexions.
Puis le projet du journal dans un même désir de reconstruire des espaces collectifs de circulation et d’élaboration d’une pensée riche, diverse, variée, non consensuelle, et donc plus forte et qui nous renforce. En ce sens, ce journal est un pro- jet utopique et fragile. Un journal populaire dans sa conception, sa fabrication et sa réalisation où nous apprenons les uns des autres et les uns avec les autres.
Un journal qui tâtonne, veut par- ler de tout, de la ville, des quar- tiers comme du monde, et surtout donner la parole à tous, celles et ceux qui savent ou ne savent pas écrire. Un journal qui se fera en marchant. Qui est aussi le vôtre, auquel vous pouvez participer en rejoignant l’équipe de rédaction, en nous écrivant, en venant nous rencontrer.
Vu d’ici